Etre professeur d’anglais pendant le confinement : easy or not easy ?

Stéphanie a 42 ans (mais 20 ans dans sa tête d’après ses propres dires) et elle est enseignante certifiée d’anglais depuis 18 ans. Elle est également formatrice académique et exerce à mi-temps au sein d’un collège rural de 500 élèves, dans le département de la Sarthe. Comme tous les professeurs et enseignants de France, elle est confrontée aux mesures du confinement et à ses difficultés. Depuis un mois, elle tente de faire cours à distance à 80 élèves de troisième. Découvrez son témoignage en exclusivité !

Jongler entre le métier de prof d’anglais télétravail et le rôle de maman confinée

Chaque semaine, Stéphanie a devant elle 80 élèves de troisième, disposés à apprendre la langue de Shakespeare. Étant formatrice académique, elle occupe son poste d’enseignante d’anglais à mi-temps. Le reste de ses heures, elle forme des enseignants de toutes disciplines scolaires sur différentes thématiques liées au métier d’enseignant (motivation, évaluation…).

Depuis le début du confinement, cette prof d’anglais réserve chaque jour une demi-journée à ses élèves pour répondre à leurs emails. Le reste du temps, elle le consacre à la préparation de ses cours et de ses lectures pour les formations mais aussi aux devoirs de ses enfants qui lui prennent “une grande partie de ce temps”.

En effet, Stéphanie est aussi l’heureuse maman de trois enfants âgés de 11, 14 et 17 ans. Pour cette famille, le confinement se déroule bien, notamment car la connexion internet est “relativement correcte” et qu’ils ont à disposition trois ordinateurs. En revanche, cette maman active craint un problème de taille : une pénurie d’encre pour l’imprimante qui n’a jamais autant été sollicitée !

Son mari étant dirigeant de son entreprise, la petite famille organise ses journées entre cours, corrections, visioconférences, devoirs et activités ludiques. De drôles de circonstances qui nous ramènent à l’essentiel : nos proches en bonne santé. Cette situation inédite devrait prendre fin le 11 mai selon les dernières informations transmises par Emmanuel Macron. Dans moins d’un mois, les enfants devraient reprendre les chemins de l’école… et la prof’ d’anglais aussi ! Au lendemain de cette annonce, Stéphanie reste sceptique ; il sera impossible d’avoir trente élèves dans une classe fermée, même si des mesures d’hygiène sont prises.

En confinement, quelles sont les difficultés rencontrées par les élèves ?

Très vite, les directeurs des établissements scolaires ont dû trouver des solutions pour permettre aux élèves de continuer à suivre leur programme de cours malgré le confinement. En dehors des salles de classe, les collégiens en classe de troisième de Stéphanie rencontrent des difficultés importantes auxquelles ils ne sont pas préparés. Au début du confinement, tous les enseignants donnaient beaucoup de devoirs à faire car ils ne se concertaient pas entre eux pour adapter la charge de travail. Chacun voulait continuer de faire cours normalement mais cette technique s’est avérée impossible et les inspecteurs l’ont vite déconseillé. Souvent, les élèves devaient travailler tard le soir pour rendre les travaux à l’heure.

Ensuite, celles et ceux qui ont un accès à Internet (ce qui n’est pas le cas de tous les élèves) ont dû faire face à des problèmes de connexion récurrents, liés à la ruralité de leur domicile. La fibre optique n’est pas encore disponible et le réseau est très vite saturé. L’accès à la plateforme de cours en ligne était un véritable parcours du combattant, surtout la première semaine de confinement. De nombreux élèves et leurs parents se sont découragés. A cela s’ajoutent les difficultés que rencontrent certains parents pour accompagner leurs enfants dans les devoirs. Chaque semaine, les professeurs principaux appellent chaque famille pour rassurer, motiver et régler les éventuels problèmes, notamment pour les troisièmes qui doivent faire un choix important, celui de la suite de leur parcours scolaire en septembre.

Enfin, les collégiens sont habitués à vivre en communauté au sein de leur établissement scolaire. Depuis plus d’un mois, ils sont confinés chez eux, avec leurs parents, leurs frères et sœurs. C’est une nouvelle difficulté pour ces adolescents qui ont besoin d’un lien social fort avec leurs amis. Même si les technologies permettent de discuter, rien ne remplace les récréations !

Entretenir des liens à distance avec les collègues enseignants

Une fois par semaine, Stéphanie et ses collègues se donnent rendez-vous pour une visioconférence via l’outil Zoom. Ce moment d’échanges est l’occasion de prendre des nouvelles, d’échanger sur leurs expériences du confinement mais aussi de faire le point sur l’assiduité des élèves, les cas de décrochage ou encore le ressenti des parents. Ensemble ils tentent de trouver des solutions pour « pallier les problèmes et annonces diverses des ministres et supérieurs hiérarchiques ».

Le saviez-vous ?

Un fait amusant sur l'intérim est que le terme lui-même vient du latin "interim", qui signifie "pendant ce temps". L'idée derrière l'intérim est donc de fournir une solution temporaire pendant que l'on cherche quelque chose de plus permanent. Cela reflète la nature flexible et adaptable du travail intérimaire, qui peut être une option idéale pour ceux qui cherchent des opportunités professionnelles ponctuelles ou temporaires.

En dehors de ces rendez-vous hebdomadaires, Stéphanie échange de nombreux email avec ses collègues.  Là encore, les technologies actuelles permettent de rester en contact, quel que soit l’endroit où on se trouve. Habituellement, les professeurs utilisent déjà l’email pour échanger sur différents projets menés ou à mener, ou sur des cas particuliers d’élèves en difficulté.

Des cours et exercices d’anglais à distance pour les troisièmes

Un enseignant en télétravail n’est pas chose courante. Pourtant, tous les professionnels de l’éducation nationale ont dû s’habituer à s’adresser à leur ordinateur plutôt qu’à une classe d’élèves. Drôle de changement, non ?

De son côté, Stéphanie organise ses cours et ses devoirs à la semaine ce qui lui permet d’adapter les contenus au besoin. Chaque lundi matin, c’est le même rituel : elle envoie à ses élèves de troisième des exercices simples, accessibles à tous, et une tâche d’écriture plus complexe. Le jeudi soir, elle met à leur disposition la correction des exercices. Au fil de la semaine, elle prend le temps de répondre individuellement aux travaux d’écriture. C’est aussi un moyen de maintenir un lien et de prendre des nouvelles de chaque collégien.

Enfin, le vendredi est l’occasion de recréer une classe à distance pour celles et ceux qui se connectent. Pendant une heure, elle profite de ce moment virtuel pour faire des retours sur les erreurs récurrentes qu’elle a relevées et s’exercer un peu à la grammaire. Elle organise également une petite compréhension orale collective afin de « créer du lien » entre les différents élèves connectés. Enfin, elle termine son cours par un petit sondage pour connaître l’humeur de ses collégiens pendant la semaine. Contrairement à certains de ses confrères, elle a fait le choix de ne pas donner de devoirs pour le week-end, histoire que les adolescents soufflent un peu.

Comment va se dérouler le retour au collège après le confinement ?

Le lundi 13 avril 2020, Emmanuel Macron s’est exprimé une nouvelle fois pour annoncer le prolongement du confinement jusqu’au 11 mai. Il faut alors penser au retour au collège, à l’organisation interne, même s’il n’est pas certain que les classes rouvrent vraiment. Ce qui est certain, c’est que les deux mois de cours dispensés à distance auront des impacts considérables sur l’apprentissage des élèves.

Selon Stéphanie, il sera indispensable de consacrer du temps pour faire des retours détaillés sur les activités et travaux rendus pendant le confinement. Ce sera l’occasion de répondre aux questions des collégiens et de mettre à jour les cahiers de leçon. Elle envisage également de mettre en place des activités ludiques pour “raccrocher tout le monde”. Sacré défi, même pour une prof’ d’anglais connue pour ses cours dynamiques ! Enfin, pour elle, il faudra aborder une thématique, “un peu comme à la rentrée” pour que tout le monde soit sur la même longueur d’ondes.

Ses élèves de troisième sont eux dans une situation particulière puisqu’ils devaient passer le diplôme national du brevet (DNB). Finalement, il n’y aura pas ni épreuves écrites, ni épreuves orales. Stéphanie considère que le contrôle continu sur l’année est “plus révélateur du niveau et de la progression des élèves”. En revanche, elle avoue que de nombreux enseignants ont préparé les collégiens à l’examen final toute l’année, en organisant des évaluations parfois plus exigeantes que le DNB, ce qui a pu fausser la moyenne des élèves. Reste à savoir comment vont s’organiser les établissements pour attribuer ou non le brevet aux ados.

Nous vous donnons rendez-vous dans moins d’un mois pour savoir si les cours auront repris et dans quelles conditions !

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